ON NE VA TOUT DE MÊME PAS SE BATTRE CONTRE DES MOULINS
Et tout d’abord, quelques vérités énergétiques !
La vérité, c’est que tous les habitants de la planète ont un mode de vie différent
et si tous vivaient comme un français, il faudrait deux terres supplémentaires.
La vérité, c’est que soixante pour cent des français partent en vacances.
La vérité, c’est qu’un passager Paris Londres
dépense autant d’énergie qu’un ménage pour se chauffer pendant un an.
La vérité, c’est que trente sept pour cent des français ne croient plus au paradis.
La vérité, c’est que soixante six pour cent des français
prennent de bonnes résolutions en début d’année.
La vérité, c’est que trente cinq pour cent des français
vont régulièrement à la bibliothèque.
Faites vos calculs. Autrement dit, il y a…Il n’y a pas de ciel sans CO2.
Une vérité qui monte au ciel et comme elle ne tombe pas du ciel,
il ne suffit pas d’avoir l’air ! L’homme décide de prendre en main
les courants d’air. Ce n’est pas du vent. Il courre après, l’air de rien
mais il traîne des pieds pour prendre les choses en main.
Je résume : Comment attraper l’air avec les mains,
sans réchauffer l’atmosphère !
Ça me fait penser à Kyoto. Car pour Kyoto, on traine des pieds
ou on fait des pieds et des mains.
J’ai une question à vous poser.
Kyoto, d’après vous c’est devant ou c’est derrière ?
On ne sait jamais. On dit ! Partons dès maintenant pour Kyoto.
Il faut se dépêcher avant Kyoto.
Mais si Kyoto est si proche pourquoi aller vite ?
On devrait dire : Rien ne sert de courir, Kyoto est loin.
Puis tout à coup, Kyoto, c’est trop tard.
C’est comme si il y avait eu un tremblement de terre.
Donc ? c’est Kyoto ou c’est trop tard.
Mesdames et Messieurs :
Rapport au temps et à l’espace, la roue tourne.
La roue tourne depuis moins trois milles.
Et l’hélice revient, plus lisse que jamais.
Sur terre, sur mer, dans l’atmosphère,
c’est dans l’air du temps.
A cause d’une nouvelle attaque –à commencer par la corrosion.
Le temps se dégrade.
Alors, on ne va tout de même pas se battre contre des moulins !
Rappelez vous :
« Homme découvert, homme a moitié combattu.
Je ne perds rien à me tenir sur mes gardes,
car je sais par expérience que j’ai des ennemis visibles et invisibles.
Et j’ignore où, en quel temps et en quelle figure ils doivent m’assaillir »[1].
Ce qu’on demande, c’est si la roue va continuer longtemps
à nous faire tourner en rond. Pour et contre,
ceux qui ne sont pas contre et ceux qui ne sont pas pour.
« Entre les deux extrémités de couard et de téméraire,
la valeur tient le milieu »[2]. Et l’ensemble tient du cercle !
Et je ne vous parle pas de qui tire sur la corde. Une corde raide.
Ils sont une majorité et ne font pas de sentiment.
Autre question à poser rondement :
Le vent est-il la façon la plus naturelle d’avancer ?
S’agit t’il d’une perspective qui renversante ?
Si oui, à quel degré ?
Quel est le point de bascule ?
Allons nous continuer à creuser ?
A creuser des puits ou s’aligner face au vent ?
Peut on avancer contre vents et marées ?
Vous voyez, ça tourne, ça tourne, mais ça tourne en rond.
C’est toujours précaire, légèrement insoustenable. You see what I mean !?
Et plus vite, tu meurs. Car depuis le temps qu’on est fixé a mort
sur les énergies fossiles. Et le temps des moulins qui n’a rien arrangé.
Rappelez vous ! Le meunier s’est endormi.
Et le moulin a tourné plus vite encore.
On n’a pas veillé au grain.
Le vent du progrès, je vous passe les détails.
Et voici maintenant qu’on s’éveille.
Le monde à l’envers.
Des moulins sans farine, des avions à terre,
des roues qui tournent sur place !?
Des champs à l’horizon des mers.
Des fermes aquatiques.
Des parcs entiers conçus dans le seul but de brasser de l’air.
Quel est le sens du transport ?
Quel est le prix du billet ?
Voilà qu’on accroche le ciel à la terre par des portes coulissantes
et l’histoire reprend son vol.
Depuis le 1er juillet l’énergie est libérée.
Mais beaucoup d’inconnues demeurent dans cette filière.
II
Qui poursuit sa route, voit au loin les éoliennes qui, majestueuses
en appellent à lever les yeux au ciel
et recomposent ainsi le panorama avec ou sans nuages.
Elles vous surprennent dans la brume du matin et vous rappellent
que rien n’est vain.
Soudain, l’horizon pose la limite à l’infini.
Grâce à qui ? Grâce à cette rotation synchronisée à l’ordre de la terre.
Comment ne pas avoir l’air bovin ?
Et comment ne pas tout remettre en cause ?
Il y avait le chant des sirènes, il y a maintenant le chant des éoliennes.
Comment rester droit sur la route qu’on s’était tracé ?
Car vous vous approchez, elles vont vous saisir de leur bras
et vous envoyer en l’air.
C’est donc pour votre sécurité
qu’il est interdit de se rendre au pied des éoliennes.
Il est bon d’être au courant.
A votre décharge,
quand l’éolien tourne en rond, les bras ballants,
l’éolien montre aussi sa force mais tout est relatif,
face aux géants, les éoliennes, montées sur leur pointe des pieds,
n’y peuvent rien. Pas plus que l’éolien qui remporte le masculin,
les géants de l’énergie ont plus de poids.
Une règle subsiste : Les éoliennes s’accordent à l’éolien
en genre et en nombre comme pluriel et singulier. CQFD
D’où ce grand courant : Qui consiste à vouloir doper l’éolien.
Pourquoi vouloir doper l’éolien ? Pour améliorer ses performances,
on s’en doute ! Devant l’autre, on est altéré.
Mais puisque qu’il s’agit d’énergies inépuisables, dites moi au nom de quoi on ne pourrait pas laisser faire la nature !? L’Un peut donner du multiple. Laissons la reproduction à l’œuvre en temps ouvrable.
L’éolien est acculé. Vous me comprenez ! ?
L’éolien, l’éolienne, c’est d’abord, à ce qu’on dit, une affaire de cœur.
L’air est giflé par les pales. De bons sentiments, c’est ce que je disais.
Et je ne vous parle pas des caprices du vent.
Quand les éoliennes voudraient leur place au soleil,
d’autres inconnues…/Oui, quand elles voudraient faire leur place au soleil
et il faut s’y arrêter un peu, bronzer, devenir toujours plus désirables/
D’autres, inconnues restent dans l’ombre.
Et pourquoi n’iraient-elles pas faire un petit plongeon,
entraîner le courant des mers.
Oui, prendre la mer à rebrousse poil ;
car au fond, (ou en surface), il suffirait que des hélices géantes
tournent lentement pour ne blesser qui que ce soit.
pour échapper ainsi à la mort programmée. Plutôt mort que propre !?
Oui, je sais ! Est-ce que la vie n’est pas amour puisqu’elle joue avec la mort ! ?
Oui, enfin, soyons concret. Prenons les faits tels qu’ils se présentent.
En attendant de mettre la campagne à la mer,
plus la brise va croissant, plus il semble
que ces grandes asperges aspirent le paysage
par une tentative de séduction permanente.
Elles tournent les sens aux passants,
ridiculisent les épouvantails par leur grandeur,
font monter le sang aux habitants qui ont la tête qui gondole. On s’en doute. Les habitants disent : ça fait tapisserie ! Puis ils ne cessent de les regarder sans détourner la tête. Elles mettent la campagne au vert, sous leurs yeux. Les riverains sont tout bonnement hallucinés, et la cause en est :
Les courants d’airs.
Avaler de l’air est parfois dommageable. Il faut s’y résoudre.
L’éolien, lui, est réputé pour son silence. On ne le voit pas arriver.
Tout à coup, il est là. Le fermier, dit-on, s’en aperçoit,
quand le lait des vaches tourne. Alors, il s’écrie :
L’éolien est parmi nous. Oui da !
Il se met à genoux et tend l’oreille mais pas de bruit, pas d’odeur.
Alors, il jette le lait avec la vache dans la mangeoire.
Et il suffira que le vent s’estompe pour que tout s’arrête.
Les éoliennes tournent lentement leur bras dans le ciel
qui est toujours malgré tout instable, et le ciel s’éclaircit d’un fond bleu,
c’est le temps qui s’arrête aussi, on dirait. Il fait beau.
Le ciel s’est enfin dégagé.
Opportunistes, les éoliennes en profitent pour faire du zèle. La grève du zèle. (Bâillement) Le vent tombe. Et c’est rideau. (extinction des lumières).
On dirait que le spectacle est intermittent.
Maintenant, vous vous en doutez, pas question de ne parler pour ne rien dire,
en somme, d’être un moulin à parole, ce qui compte, c’est d’être naturel.
Il ne faudra donc pas dire : C’est de notre moulin que je vous écris, mais
« c’est au nom de la nature que je vous parle ».
Michel LE BRIGAND

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